Fin imminente des énergies fossiles

Une façon de consulter: 
Ce chapitre vous présente mon analyse sur les causes des récessions en vous épargnant, autant que possible,  les statistiques et les articles venant de l'extérieur (journaux, sites) que vous pourrez consulter à volonté dans les sous-chapitres.

Vous trouverez les statistiques et les articles extérieurs en cliquant sur le lien après l'incitatif   Les preuves :  , au bas de chaque sous-chapitre.
Vous n'êtes pas obligé de tout lire dans les  Les preuves :  surtout si vous êtes déjà au courant de ce qui se passe dans le monde, car les textes des chapitres devraient être suffisants pour comprendre la mécanique menant aux récessions.

 

Fausses vérités

Beaucoup de personnes avec qui je parle de fin des énergies accessibles me répondent que nous en avons encore pour plusieurs centaines d'années avant la fin du pétrole ou du charbon et que de toute façon, M. Yvon Trouver expérimente de nouveaux procédés totalement révolutionnaires;  ou bien encore, que nous irons chercher tout ça sous les glaces polaires ou que les chinois iront sur la lune pour y prélever de l'hélium 3.  Qu'en est-il au juste ?

Le pétrole conventionnel

Comme pour toutes les ressources non  renouvelables, ce n'est pas la fin de la ressource qui mettra fin à nos sociétés technologiques.  L'effondrement économique dû au prix élevé des ressources, nous y sommes déjà et nous en voyons les effets partout dans le monde depuis 2008.  Comme mentionné dans les précédents chapitres, une des causes majeures de la présente crise n'est pas seulement l'octroie d'hypothèques à des personnes qui ne bénéficiaient d'aucune marge de manœuvre en cas de pépin, d'augmentation du taux d'intérêt hypothécaire ou de l'inflation. Elle est priotairement due,  à  l’augmentation du prix de l'énergie. Nous en sommes arrivés au moment où, lorsque l'économie carbure pour donner suffisamment d'ouvrage à la majorité de la population, la production d'énergie ne peut plus suffire à la demande.  De de fait, le cout des énergies augmente jusqu'à ce que l'économie chute à nouveau.  Nous sommes absolument et définitivement coincés ! 

Selon plusieurs évaluations sérieuses, nous aurions déjà atteint le  pic de Hubbert  depuis quelques années, ce qui veut dire que nous ne pouvons plus augmenter notre demande énergétique sans causer de graves conséquences à l'économie mondiale (par exemple: en ajoutant sans cesse des automobiles ou du transport maritime, ou bien en augmentant la population mondiale.  Pour appuyer encore sur la cause principale du début de la fin définitive de nos sociétés modernes (celle des énergies fossiles),  l'impossibilité d'augmenter la production des énergies fossiles dans le monde alors que ces énergies sont nécessaires dans une proportion d'environ 80% de toutes les formes d'énergies utilisées va arrêter toute possibilité d'expansion.  De surcroit, comme nous ne trouvons plus de nouveaux gisements significatifs depuis plusieurs dizaines d'années et que les gisements actuels périclitent,  nous ne pourrons plus maintenir ce que nous avons connu avec l'énergie facile et gratuite des cent dernières années.  Nos sociétés vont s'effondrer rapidement et radicalement.

Dans le reportage  Pétrole - Cruel sera le reveil 3_5,   (présenté dans Les preuves, au bas de cette page), selon Luis E. Giusti: simplement pour répondre à la demande en pétrole, il faut passer de la production de 80 millions de barils par jour à 120 millions en 2030.  Mais, pour y arriver, il faudrait ajouter 200 millions de barils par jour, une bonne part de ces barils servant à compenser la diminution de la production des puits existants.

Toujours dans le même reportage:  au début des années 70, plus de la moitié de la planète ne consommait pratiquement pas de pétrole !  Les seuls grands consommateurs était l'Europe, un peu le Japon, les États-Unis, le Canada, et l'ex-URSS.  L'Afrique ne consommait pas une goûte de pétrole et le Moyen-Orient non plus !   Pareil pour les pays asiatiques, hormis le Japon.  Aujourd'hui, il n'y a guère la Papoisie-Nouvelle Guinée qui ne consomme pas de pétrole et probablement deux ou trois iles du Pacifique-Sud.  Mais partout ailleurs, on essaie de créer une société qui ressemble à la nôtre.

Les limites économiques:
Il y a un certain seuil de rentabilité qui doit absolument être atteint pour que l'action de prospecter et de pomper du pétrole ait un sens.  Il est bien terminé le temps où le pétrole affleurait à raz le sol.  Aujourd'hui,, il faut forer en mer profonde avec des techniques exorbitantes et extrêmement dangereuses et qui prennent plusieurs années à mettre en place. Pour les puits de pétrole conventionnel, celui qui est très liquide et facile à raffiner, il est en très fort déclin.  Le pétrole qui restera dans quelques années sera beaucoup moins énergétique.  Il faudra donc en extraire davantage pour un prix ayant fortement grimpé vu sa rareté.  En plus de la moins bonne qualité énergétique, il faut introduire de plus en plus d'énergie pour produire de l'énergie et c'est là notre limite ultime.

Helle Kristoffersen , directrice de la stratégie et de l'intelligence économique du groupe Total (France), a évoqué le montant colossal des investissements nouveaux consentis par l'industrie pétrolière un peu partout dans le monde : 600 milliards de dollars, rien qu'en 2011, soit près du quart du PIB de la France ! 

Les limites physiques:
Une barrière infranchissable est celle de l'énergie nette.  En d'autres termes, combien doit-on dépenser d'énergie pour un certain retour d'énergie.  Cela s'appelle le  ERoEI (Energy Return on Energy Invested).  Au début de l'ère du pétrole industriel, il fallait dépenser un baril de pétrole pour en produire 100.  Le ERoEl était de 100:1.  Aujourd'hui, avec le pétrole sale de l'Alberta, le ERoEl est environ à 9:1.  Cela veut dire qu'ayant enlevé le baril investi du total des barils produits, il ne reste plus que 8 barils de disponibles pour l'utilisation dans la production d'activités dans la société.  Or, nos sociétés modernes demandent un rendement minimum de 10:1 pour fonctionner.  Avec  l'éthanol et le biodiésel, c'est encore pire.  Leur ERoEl est au mieux d'environ 3:1 ! Nous avons un très grave problème dont vous pourrez en constater toute la profondeur dans les chapitres à venir !

 

Pour comprendre en profondeur

le problème de la fin très prochaine des énergies fossiles, je vous suggère vivement ces trois liens.  L'auteur est un ingénieur de l'École des mines qui se spécialise dans l'énergie et la résilience des territoires:
http://www.avenir-sans-petrole.org/article-extraire-du-petrole-pour-extraire-du-petrole-pour-113088729.html
http://www.avenir-sans-petrole.org/article-l-energie-nette-va-t-elle-bientot-disparaitre-117994266.html
http://www.avenir-sans-petrole.org/article-l-europe-face-au-pic-petrolier-112676859.html


Qu'en est-il des possibilités de trouver du pétrole ?  Elles sont pour ainsi dire absolument nulles, sauf peut-être dans l'extrême Nord, car toute la terre a été cartographiée.  Mais voilà, pomper du pétrole dans le nord, c'est absolument impossible à cause des banquises qui dérivent et contre lesquels il n'existe aucune parade.  Celles-ci arracheraient toutes les infrastructures pétrolières comme s'il s'agirait d'un simple morceau de papier.  Il y a aussi l'immense problème de la fonte du  pergélisol qui ne pourra bientôt plus supporter aucune infrastructure.  Pire !  Ce pergélisol émet maintenant du méthane, un gaz hautement inflammable.  Voyez-vous ça: des milliers de kilomètres carrés qui bruleraient ? Il y aurait une augmentation sensible de la température, causée, et par le feu, et par l'augmentation du CO2 émis lors de l'incendie.

Le pétrole de schiste

Ce type de pétrole non conventionnel est une véritable arnaque !
Pour un rendement équivalent, il faut creuser entre 10 et 100 fois plus de puits pour du pétrole de schiste que pour du pétrole conventionnel, ce qui rend les coûts absolument exorbitants et qui augmente énormément les dangers de contamination !  En plus, ils ne sont absolument pas rentables car le  ERoEl n'est que d'environ 2,5:1.  Nous sommes donc loin du 10:1 qu'il faut pour faire rouler des sociétés comme les nôtres.  En plus, beaucoup de ces puits émettent du méthane, ce qui contribue considérablement à l'augmentation de la température, le méthane étant (selon la source) entre 20 et 25 fois plus efficace en terme de gaz à effets de serre.

Le profil typique des puits de pétrole de schiste se caractérise par  un déclin quasi immédiat  des extractions.

 Les preuves : PREUVES-fin-des-energies-fossiles.html

 




 

 


Retour à l'index
¶¶¶Désabonnement
¶¶¶Déclaration de
confidentialité
effondrement-economique
.com
 ¶¶¶  Livre Survivre dans un monde en décrépitude
¶¶¶ ¶¶¶
¶¶¶
¶¶¶ ¶¶¶
Mise à jour:
19 octobre 2014